Depuis son accession à la magistrature suprême, la cohabitation pacifique entre communautés s’est imposée comme l’un des piliers de la politique du président Félix Tshisekedi pour la stabilisation durable du pays en général, et de l’Est de la République démocratique du Congo en particulier. Convaincu que la paix sociale constitue un levier essentiel du développement national, le chef de l’État a choisi de traduire cette vision en actions concrètes sur le terrain.
C’est dans ce cadre qu’une délégation composée 2 collaborateurs très proches du chef de l’État en matière de sécurité et un chargé de mission du chef de l’État en charge des questions communautaires et identitaires dans la partie orientale de la RDC a été dépêchée dans l’Est du pays. Pendant trois jours consécutifs, cette équipe a mené une série de rencontres afin de s’assurer de la mise en œuvre effective des mesures gouvernementales, notamment dans les secteurs de la défense et de la sécurité, du respect du droit international humanitaire (DIH) et de la cohabitation pacifique entre les communautés. Devant les militaires déployés au front, la délégation a mis l’accent sur le renforcement du moral des troupes. Elle a rappelé l’importance de la discipline, du respect de l’éthique militaire et du rejet de toute forme de tribalisme, d’exclusion fondée sur l’appartenance ethnique ou l’origine linguistique. La délégation a également insisté sur le comportement attendu des militaires et sur la mission fondamentale de l’armée, qui consiste à défendre l’intégrité territoriale et à protéger les populations civiles.
« Sachez que vos efforts consentis depuis le début de cette guerre jusqu’à aujourd’hui sont considérés par le Président de la République, qui vous félicite et vous encourage à défendre la nation jusqu’au sacrifice suprême. Il nous a envoyés pour vous témoigner sa considération envers chacun d’entre vous. Sentez-vous à l’aise de nous partager vos besoins, ils seront traités avec intérêt », a déclaré l’un des collaborateurs du Président.
Lors des échanges avec l’ensemble des communautés, la délégation a réaffirmé la nécessité du vivre-ensemble, appelant à la lutte contre les discours de haine ethnique et toute forme d’exclusion sociale, considérés comme des facteurs majeurs d’instabilité et de division.
« Le Président de la République nous a demandé de venir vous parler de l’unité et de la cohésion sociale des communautés. C’est ça, son message », a déclaré Jacques Kongolo, Chargé de mission du Président de la République en charge des questions communautaires et identitaires dans la partie orientale du pays. Il a mis en garde contre toute instrumentalisation identitaire, appelant les populations à ne pas relayer des messages de division.
Il a par ailleurs assuré que des mesures ont été prises contre les acteurs politiques, militaires ou civils qui attisent la haine, promettant des sanctions à l’encontre de tous ceux qui alimentent les tensions communautaires.
Sur le terrain, plusieurs témoignages recueillis indiquent que la volonté de préserver la cohabitation pacifique reste bien ancrée au sein de la population d’Uvira, malgré le narratif rwandais visant à diviser les communautés qui ont vécu ensemble depuis des années.
Mulala Sandra, habitante de la ville, évoque une coexistence ancienne et fondée sur la confiance entre les communautés, notamment avec les Banyamulenge. Elle reconnaît toutefois que les manipulations existent dans toutes les communautés, appelant à une prise de conscience collective pour éviter toute stigmatisation.
Du côté de la communauté Banyamulenge restée à Uvira, le discours met en avant à la fois la vigilance et l’espoir. Isaac Nduwayo, résident de la ville, salue la présence des Forces armées de la RDC (FARDC) et les assurances données par les autorités en matière de sécurité. Il souligne également le rôle déterminant de la solidarité locale, notamment l’engagement de voisins issus d’autres communautés qui ont contribué à la protection des familles restées sur place.
Commerçants, leaders communautaires et responsables associatifs convergent sur la nécessité de rejeter toute forme de discours haineux. Pour Éric Nyindu, commerçant à Uvira, la diversité communautaire constitue une richesse qui doit être préservée dans un esprit de vivre-ensemble.
Même son de cloche du côté du Barza intercommunautaire d’Uvira. Son président, Ngule Mukonda Delphin, affirme que la lutte contre les messages de haine demeure une priorité, estimant que ces discours constituent la principale source des conflits récurrents dans la région.
Les autorités provinciales préparent désormais l’étape suivante. Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a annoncé des concertations avec les agences spécialisées des Nations unies afin d’organiser le retour des déplacés et des réfugiés. Ce processus, a-t-il précisé, devra se faire sur la base d’un screening rigoureux, garantissant la sécurité des populations et la stabilité des zones de retour.
À l’issue de cette mission présidentielle, un constat s’impose : à Uvira, le message de la cohabitation pacifique semble avoir été largement compris. Reste désormais à le traduire en actions durables, dans un environnement sécuritaire. Pour les autorités congolaises, la ville pourrait ainsi devenir un laboratoire de la paix sociale voulue par le président Félix Tshisekedi dans l’Est de la RDC.
Daniel Michombero











