Goma, RDC – Alors que la communauté internationale plaide pour un accès humanitaire urgent dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les rebelles de l’AFC/M23 affirment qu’il n’existe plus de crise humanitaire dans la région de Goma. Dans un communiqué, le mouvement soutenu par Kigali selon Kinshasa, estime que « tous les déplacés ont regagné leurs villages » et accuse certaines organisations humanitaires de « s’être enrichies sur le dos des déplacés » et d’avoir « contribué à la survie de groupes armés, y compris les FDLR ».
Sur le terrain, la réalité décrite par plusieurs habitants et sources locales contredit ces affirmations. De nombreux déplacés affirment avoir été forcés de retourner dans leurs villages après la prise de Goma par les rebelles, leurs abris ayant été détruits. D’autres ont choisi de rester dans la ville, hébergés par des familles d’accueil dans des conditions de grande précarité.
Selon des témoignages recueillis par le journaliste indépendant Daniel Michombero, la vie quotidienne à Goma est marquée par la peur et les restrictions : interdiction de veillées funéraires, taxes arbitraires, détentions et fouets pour les récalcitrants. Les entreprises et les banques ont fermé, aggravant une crise économique déjà profonde.
La population vit désormais sous un climat de contrôle et de silence forcé, semblable à celui observé au Rwanda voisin. Certains habitants, ayant suivi la « formation idéologique » des rebelles, collaborent avec eux pour survivre, tandis que d’autres, restés à l’écart, subissent arrestations, tortures ou enrôlements forcés.
Dans une ville où la peur a remplacé la parole, peu de médias locaux osent encore relayer cette réalité.
Gjrs Anderson











