Après le retrait des rebelles du M23 de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, les autorités congolaises ont lancé une coordination d’urgence avec le Burundi, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et plusieurs partenaires humanitaires afin de préparer le retour des populations déplacées et réfugiées.
La Première ministre congolaise a réuni les principaux acteurs institutionnels pour baliser ce processus, présenté comme volontaire, progressif et encadré. Selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, plus de 260 000 Congolais se trouvent actuellement au Burundi.
« Il faut s’assurer que les services aux frontières sont rapidement rétablis pour permettre un retour organisé et sécurisé », a-t-il déclaré.
Kinshasa affirme que ce rapatriement sera mené conjointement avec Bujumbura et le HCR, afin de garantir l’enregistrement des rapatriés, leur protection, l’assistance humanitaire et leur réintégration dans les communautés d’origine.
Sur le terrain, les Forces armées congolaises (FARDC) sont déjà déployées à Uvira. Les autorités reconnaissent toutefois que la restauration de l’autorité de l’État se fera par étapes.
« La ville est encore infiltrée. Il faut d’abord établir un périmètre de sécurité solide », a précisé Patrick Muyaya.
Les organisations de défense des droits humains appellent à la prudence. Plusieurs rapports d’ONG locales et internationales rappellent que les zones de retour restent fragiles, marquées par des violences récurrentes, des maisons détruites ou occupées, et la présence de groupes armés dans les environs. Elles insistent sur la nécessité de garantir des conditions minimales de sécurité, d’accès à la justice et aux services de base avant tout rapatriement massif.
« Un retour précipité, sans garanties claires, pourrait exposer les civils à de nouveaux abus », avertit un acteur humanitaire basé dans la région, soulignant l’importance d’une évaluation indépendante des zones de retour.
Le gouvernement congolais appelle pour sa part toutes les communautés d’Uvira – Babembe, Bavira, Bafuliro, Bashi, Barega, Bwari et autres – à préserver le vivre-ensemble afin de consolider la paix.
Pour les réfugiés congolais dans les camps au Burundi et ailleurs dans la région, le message officiel se veut rassurant : leur retour sera préparé avec les autorités des pays hôtes, le HCR et les partenaires humanitaires. Mais sur le terrain, ONG et défenseurs des droits humains rappellent que la réussite de ce processus dépendra moins des annonces politiques que de la capacité réelle de l’État à assurer sécurité, justice et dignité aux populations qui rentreront.
Ivan Mulengabyuma












